Recherche
Voir toutes les publications

Le feu bactérien : une menace silencieuse pour nos vergers valaisans

{09.11.2025}
Lire la suite

Chaque printemps, alors que les pommiers et poiriers s’éveillent et offrent leurs premières fleurs, une menace invisible guette les vergers valaisans. Son nom : le feu bactérien, causé par la bactérie Erwinia amylovora. Une infection qui, si elle n’est pas détectée à temps, peut ravager des arbres entiers — et se propager à toute une région.


Qu’est-ce que le feu bactérien ?

Le feu bactérien est une maladie bactérienne parmi les plus redoutées en arboriculture fruitière. Elle s’attaque exclusivement aux arbres à pépins : pommiers, poiriers et cognassiers sont en première ligne. Les arbres à noyau — abricotiers, cerisiers, pruniers, pêchers — ne sont pas concernés.

La bactérie peut toutefois coloniser de nombreuses autres plantes hôtes présentes dans nos jardins et haies : cotonéaster, aubépine, buisson ardent, amélanchier, néflier, sorbier, allouchier, stranvésia… Ces végétaux peuvent servir de réservoir discret et favoriser la propagation de la maladie.


Comment reconnaître une infection ?

La détection précoce est essentielle. Voici les symptômes à surveiller, par ordre d’apparition :

1. Les fleurs flétrissent et brunissent Les premiers signes apparaissent souvent sur les fleurs, qui se dessèchent et virent au brun-noir. Ces symptômes initiaux peuvent passer inaperçus.

2. Les tissus se nécrosent La maladie progresse vers les rameaux et les feuilles. Les tissus noircissent chez le poirier, brunissent chez le pommier et le cognassier.

3. Les jeunes pousses se courbent en crosse C’est le signe le plus caractéristique du feu bactérien : les extrémités des pousses se recourbent comme un bâton de berger. Difficile de s’y tromper.

4. Un exsudat apparaît Dans certaines conditions climatiques, de petites gouttelettes blanchâtres à orangées suintent des tissus infectés. Attention : chacune de ces gouttes contient des millions de bactéries, prêtes à être disséminées par les insectes, la pluie ou le vent.


Comment la maladie se propage-t-elle ?

La dissémination du feu bactérien peut se faire à grande échelle via des plantes infestées déplacées d’une région à l’autre. Localement, les vecteurs sont nombreux : insectes pollinisateurs, oiseaux, pluie, vent — et, involontairement, l’être humain, notamment via les outils de taille ou le simple contact avec des végétaux suspects.


Que faire en cas de suspicion ?

Ne touchez jamais une plante suspecte. Le risque de contamination par contact est élevé.

Si vous observez l’un des symptômes décrits ci-dessus sur un arbre de votre jardin ou verger, la marche à suivre est claire :

  1. Ne pas intervenir sur la plante (pas de taille, pas de manipulation).
  2. Signaler sans délai votre observation via l’application Survey123 (QR code disponible sur le site du Service cantonal de l’agriculture).
  3. Contacter le Service de l’agriculture : 027 606 76 20 — sca-oca@admin.vs.ch

L’objectif des autorités est de maintenir la présence de cette maladie aussi faible que possible afin de limiter les pertes économiques pour la filière des fruits à pépins — un pilier de l’agriculture valaisanne.


Ensemble pour protéger nos vergers

Le Valais est l’un des plus importants cantons producteurs de fruits à pépins de Suisse. La vigilance de chaque habitant, qu’il soit agriculteur, arboriculteur amateur ou simple promeneur, joue un rôle concret dans la lutte contre le feu bactérien.

Observez. Signalez. Ne touchez pas.


Pour aller plus loin :